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Saisie de peaux de panthères et plusieurs arrestations

  16 juin 2017 à 00h16min 0 Commentaire(s)


Suite à information sur une éventuelle transaction dans un motel situé au quartier caleçon bar à OYEM, ce jeudi 08 juin 2017, une équipe composée des agents des Eaux et Forêts, de la Police Judiciaire et appuyée par l’ONG Conservation Justice s’est rendue sur les lieux en matinée pour interpeller les présumés trafiquants en flagrant délit de tentative de commercialisation. Trois trafiquants sont ainsi arrêtés avec deux peaux, trois crânes et des dents de panthère. La troisième peau sera récupérée avec une quatrième personne, un chauffeur de la localité.

Les contrevenants en provenance de la ville ont donc été pris en flagrant délit de détention et de commercialisation des trophées d’une espèce intégralement protégée alors qu’ils s’apprêtaient à écrouler leurs produits.

De ce fait, les dénommés NDOUTOUME OBIANG Emmanuel, EKOUAGA ABESSOLO Emmanuel, ASSOUMOU OBIANG Pierre-Lewis, tous de nationalité gabonaise ont été conduits dans les locaux de la Police Judiciaire. Le chauffeur, Mamadou AWAL sera également arrêté par la suite.

Lors de l’interrogatoire à chaud, ils ont reconnu les faits qui leurs étaient reprochés, et ont dénoncé les présumés chasseurs des panthères qui se trouveraient au village ALENE MEBOUMOU.

En soirée, par ordre du Procureur de la République, une équipe composée des agents de la Police judiciaire, des Eaux et Forêts, appuyée par l’ONG Conservation Justice s’est rendue au village ALENE MEBOUMOU dans le but d’interpeller les présumés chasseurs, notamment le chef du village de ALENE MEBOUMOU, le père du dénommé ASSOUMOU OBIANG Pierre-Lewis, et le frère de EKOUAGA Emmanuel.

Toutes les personnes citées dans cette procédure ont été mises en garde à vue et seront déférées devant le Procureur le lundi 12/06/2017 où ils devront répondre des faits de détention et de commercialisation des trophées d’une espèce intégralement protégée.

Ayant violé les articles 92 du Code forestier et 3 du décret 163/PR/MEF du 19 janvier 2011 fixant les conditions de détention, de chasse, de transport et de commercialisation des trophées et produits de chasse, NDOUTOUME OBIANG, EKOUAGA ABESSOLO, ASSOUMOU OBIANG, MAMADOU AWAL et toutes les personnes citées dans cette affaire, risque donc les sanctions pénales, jusqu’à six (6) mois d’emprisonnement ferme.
Il faut rappeler que du fait du préjudice causé, les acteurs de la lutte pour la protection de l’environnement pourront également se constituer partie civile et demander les dommages et intérêts.

Le trafic de peaux de panthère semble en croissance et plusieurs peaux sont exportées par des trafiquants étrangers. Ceci constitue un risque pour ce grand chasseur puissant et souvent respecté et craint, alors que les cas d’attaque sont plus que rares. Il est en tout cas sacré pour de nombreux groupes ethniques gabonais. C’est le cas dans les cultures Mitsogo et Pouvi, avec la société secrète Nzergho (du léopard).

Mais toutes les ethnies du Gabon accordent un grand respect au léopard. C’est d’ailleurs la peau de panthère qui est un des symboles les plus forts du rite initiatique « Bwiti », notamment dans le cadre des danses traditionnelles. Bien que sa peau et ses dents sont utilisées traditionnellement, on dit souvent que tuer un léopard attire les mauvais esprits sur les chasseurs et le village concernés par l’abattage d’une panthère.

C’est en tout cas ce qu’explique l’intrépide ethnographe et auteur gabonais André Raponda-Walker. C’est peut-être aussi par le respect que cette espèce impose qu’elle a été choisie comme symbole de l’équipe nationale de football du Gabon.

Ceci n’empêche malheureusement que les peaux de panthère sont commercialisées et exportées.