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Six mois de prison ferme pour les braconniers

  3 décembre 2017 à 21h43min 0 Commentaire(s)


Le tribunal de Franceville a rendu le verdict dans l’affaire François Ngouga et complices. . 


Le tribunal de Franceville a statué et rendu sa décision sur le cas François Ngouga et Landry Doumbi qui avaient été pris le 18 novembre à Moanda avec quatre peaux de panthère. Ils ont écopé de six mois de prison ferme, soit la peine maximale prévue par la loi. 

Alors que la réquisition du Parquet de Franceville suggerait au Tribunal une peine de trente jours dont seulement quinze de prison ferme pour les deux trafiquants, le Tribunal a finalement décidé de condamner à six mois de prison ferme. La peine maximale prévue sur le territoire gabonais.

Une décision à la hauteur donc des attentes de l’administration des Eaux et Forêts et ses partenaires dont l’ONG Conservation Justice qui militent pour que les responsables de crimes fauniques soient punis conformément à la loi.

Les deux hommes avaient été placés sous mandat de dépôt le 20 novembre après avoir été présentés au procureur de la République.

Le 21 novembre, ils avaient comparu devant le tribunal correctionnel pour détention et commercialisation de trophées d’une espèce intégralement protégée. Le mercredi 29 novembre 2017 avait eu lieu l’audience du vidé du cas. Ainsi, malgé les réquisitions du Parquet, les nommés François NGOUGA et Landry DOUMBI ont été reconnus coupables du délit de détention et commercialisation des trophées d’une espèce intégralement protégée. Ils devront par ailleurs payer une amende de 100 mille francs.
 
Le trafic des espèces menacées d’extinction est une réalité au Gabon comme dans tous les pays du Bassin du Congo. Malgré des interpellations de plus en plus importantes et régulières, l’activité ne semble pas faiblir. En cause, entre autres, la faible législation et les décisions de justice. 

Des cas très récents en témoignent. A Mouila et Lambaréné, des décisions de justice ont malheureusement démontré que les tribunaux n’avaient pas encore tous pris effet et cause pour la traque des braconniers.



C’est le cas de KOUDJOKEHOU Sourou. Le 21 Novembre 2017 à Lambaréné, Koudjokehou Sourou est interpellé en possession de deux peaux de panthère et d’une pointe d’ivoire qu’il commercialisait. Déféré devant le procureur, il est relâché, le parquet estimant qu’il donnait des garanties solides de représentation. La date de l’audience n’a pas été fixée.



Il faut relever aussi le cas Ndembi Manfoumbi et complices à Mouila. Dans cette affaire, concernant Ndembi Manfoumbi et complices arrêtés à Mouila le 16 novembre dernier en possession de trois peaux de Panthères, le Tribunal a décidé le 23 novembre 2017 de plusieurs condamnations contre la bande. Outre les amendes et dommages-intérêts, Ndembi Mamfoumbi Brice, Moubamba Bibalou Theo et Manfoumbi Patrick, les chasseurs, sont condamnés à 6 mois d’emprisonnement assortis de 3 mois de sursis.

Maganga Koumba Corsiny, démarcheur, reconnu coupable est condamné à une peine de 6 mois d’emprisonnement dont 4 mois avec sursis. Diallo Ousmane, le transporteur, est relaxé au titre des infractions de transport et détention des produits d’espèces intégralement protégées. Il a néanmoins été condamné pour défaut de carte de séjour à une peine de 6 mois de prison dont 4 avec sursis avec expulsion au terme des délais de la durée de sa condamnation.

Koumba Moukétou Basile, receleur, a quant à lui été condamné à une peine de 1 mois de prison avec sursis. 

Autant dire : des décisions peu dissuasives dans un pays qui fait face à ce qui s’apparente à un braconnage et trafic "industriel". 

Même si les défenseurs de l’environnement au Gabon continuent de tirer la sonnette d’alarme sur la question des peines qui sont très faibles si l’on compare à d’autres pays notablement engagés contre la destruction des écosystèmes, il est évidemment opportun de souligner toujours les cas où des trafiquants et braconniers prennent la peine maximale.



En effet, il n’en est pas toujours ainsi. Quelques décisions de justice ont quelques fois remis en cause ces dernières années les efforts des ONG et de l’administration des Eaux et Forêts. La décision de justice du Tribunal de Franceville constitue donc un réconfort pour les partenaires de la lutte contre le braconnage et le trafic des espèces protégées au Gabon.