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Sogatra : Après la séquestration du ministre des Transports, la restructuration annoncée pour le 15 janvier 2019

  27 décembre 2018 à 21h51min 0 Commentaire(s)


Le Président du Conseil d’Administration de la Société Gabonaise de Transport (SOGATRA), Alexandre Désiré Tapoyo, joint au téléphone par la Rédaction de l’AGP ce jeudi à Libreville, suite à la séquestration, hier mercredi, du ministre des Transports, Justin Ndoundangoye, a annoncé l’amorce dès le 15 janvier 2019, en Conseil d’administration, d’un plan de restructuration de la structure au regard de la baisse des fonds alloués par l’Etat, qui passent de 3 milliards de Francs CFA de budget en 2018 à 2 milliards en 2019.

« L’avenir de la SOGATRA n’est pas radieux, il n’y a pas eu de détournements. Nous sommes partis de 8 milliards de fonds alloués en 2017 à 3 milliards en 2018 et ce montant descendra à 2 milliards l’année prochaine. Je tiendrai un conseil d’administration le 15 janvier prochain et ce sera la moitié du personnel qui ira au chômage pour motif économique. Ce travail se fera en partenariat avec l’inspection du travail », a annoncé le PCA de la Sogatra.

Selon Alexandre Désiré Tapoyo, son intervention fait suite à la séquestration, mercredi en matinée du ministre des Transports, Justin Ndoundangoye, au sein même de cette structure, alors que ce dernier venait informer les responsables de la direction et les syndicalistes de la situation difficile que vit la Sogatra. C’est-à-dire la baisse du budget de l’exercice 2019, qui passera de 3 milliards en 2018, à 2 milliards d’une part, et le paiement d’une avance d’un mois de salaire sur les huit mois attendus dont le reliquat devait se faire cette fin du mois. 

Le membre du gouvernement fera face à un non recevoir de la part des agents qui ont réclamé leurs trois mois d’arriérés de salaires en passant par la manière la plus forte. Ces agents ont donc séquestré le ministre et ses collaborateurs de 12h à 18h, soit 6 heures, avant l’arrivée des forces de l’ordre.
Rodrigue Tsanga, président du syndicat des acteurs du transport terrestre, a expliqué « qu’il s’agit plutôt de 8 mois d’arriérés de salaire. Tout en revenant sur les démarches qu’ils avaient entreprises en amont, à savoir la coalition des syndicalistes il y a deux semaines en vue d’une synergie et le mouvement d’humeur de 72 heures enclenché le 21 décembre 2018 ». 
Ce mouvement, a-t-il dit « avait été suivi d’un mouvement revendicatif avant de s’étendre vers une démarche administrative auprès du trésor et des comptes publics. Suite à cette démarche, ils ont reçu un virement d’un mois de salaire », a-t-il précisé. 

Puis, il a abordé la question de la situation de mercredi dernier, où ils ont reçu la visite du ministre des Transports. Justin Ndoundangoye est venu leur annoncer la mise en place très prochainement d’un plan de restructuration dénommé plan 20. Une situation déplorée par ces agents, étant entendu qu’ils enregistrent près de 8 mois de salaires impayés. Au sortir de cette réunion, « les agents ont voulu obtenir des explications du ministre en personne et malheureusement », a dit le syndicaliste. Ajoutant que « les agents ont manifesté un ras le bol qui a débouché sur sa séquestration ».

Au-delà de cette revendication des salaires impayés, « il y a une panoplie de problèmes à la Sogatra, dont ceux de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, de la dette fiscale et sociale, de management et autres…Mais le ministre explique plutôt qu’il s’agit d’un licenciement pour des raisons économiques. Au préalable, il était question de mettre en place un dialogue social franc qui, malheureusement, n’a pas vu le jour. Cela nous aurait évité de sombrer. Nous allons poursuivre notre mouvement », a conclu le président du syndicat des acteurs du transport terrestre.