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Zimbabwe : exclu de son parti, Robert Mugabe a jusqu’à lundi pour quitter la présidence

  19 novembre 2017 à 20h29min 9 Commentaire(s)


Une procédure de destitution sera engagée à son encontre s’il ne démissionne pas avant lundi. Il est remplacé à la tête du parti au pouvoir par l’ex-vice-président Emmerson Mnangagwa.


Les manœuvres pour contraindre le président zimbabwéen Robert Mugabe, 93 ans, à quitter la présidence du pays s’accélèrent. Dimanche 19 novembre, celui qui règne sur le pays depuis 1980 a été démis de ses fonctions à la tête de la ZANU-PF, le parti au pouvoir , et exclu de ce même parti. Sa femme, la première dame Grace Mugabe a, elle aussi, été expulsée du parti lors d’une réunion d’urgence.

Robert Mugabe a été remplacé par l’ex-vice-président Emmerson Mnangagwa, dont le limogeage, la semaine dernière, avait précipité l’intervention de l’armée. « Il a été exclu. Mnangagwa est notre chef », a déclaré, à l’agence de presse Reuters, un des délégués présents à une réunion extraordinaire du comité central de la ZANU-PF.
Le ministre chargé de la cybersécurité, Patrick Chinamasa, a ajouté qu’Emmerson Mnangagwa allait être désigné comme candidat de la ZANU-PF à la présidence du Zimbabwe.

La menace d’une procédure de destitution enclenchée lundi
Le parti au pouvoir au Zimbabwe, la ZANU-PF, a annoncé dimanche qu’il enclencherait au Parlement la procédure de destitution du président Robert Mugabe s’il ne démissionnait pas avant lundi. « Le camarade Robert Mugabe doit démissionner de la présidence du Zimbabwe et s’il ne l’a pas fait d’ici lundi midi (...) le président du Parlement » enclenchera la procédure de destitution, a déclaré, sous les vivats, le porte-parole de la Zanu-PF, Simon Khaye Moyo.

Le Zimbabwe avait connu, samedi, l’une des plus grandes manifestations jamais organisées depuis l’indépendance et l’arrivée au pouvoir de Mugabe. Des dizaines de milliers de Zimbabwéens se sont rassemblés, dans une ambiance festive, pour exister son départ de la présidence. « Un jour historique », a résumé samedi soir, avec une voix émue, la présentatrice du journal de la ZBC, la télévision d’Etat.
Pressions de toutes parts

Au lendemain de cette mobilisation exceptionnelle, les pressions se sont intensifiées pour que M. Mugabe, déposé mercredi 15 novembre par l’armée, accepte de lui-même de quitter le pouvoir.

Le chef de la puissante association des vétérans de la guerre d’indépendance a ainsi exigé que Mugabe quitte le pouvoir dimanche. « Il ferait mieux de renoncer (…). S’il ne le fait pas, l’armée doit en finir avec lui aujourd’hui », a déclaré Chris Mutsvangwa à la presse.

« Nous irons jusqu’au bout », a-t-il assuré, estimant que Robert Mugabe n’avait plus qu’à démissionner et à quitter le pays. « Il essaye de marchander pour s’en tirer dignement, mais il devra s’y faire », a-t-il ajouté auprès de Reuters.

La ligue des jeunes du parti au pouvoir au Zimbabwe, le ZANU-PF, a également appelé, dimanche, le président à « démissionner ». L’influente ligue a aussi demandé « l’expulsion » de son épouse Grace du mouvement.

« Nous exigeons l’expulsion à tout jamais de Mme Mugabe de la ZANU-PF et exigeons du président Mugabe qu’il démissionne de son poste de président et premier secrétaire du parti et du poste de président de la République du Zimbabwe », a déclaré la ligue dans un communiqué.

Nouvel entretien avec l’état-major de l’armée
M. Mugabe, qui est le plus vieux chef d’Etat en exercice de la planète , est de plus en plus isolé. Après l’armée et les anciens combattants, neuf des dix sections régionales de la ZANU-PF l’ont à leur tour lâché, vendredi 17 novembre au soir, et ont demandé son départ.

Dimanche, le comité central du parti était réuni en réunion extraordinaire « pour endosser les décisions des neuf provinces » du pays, avait déclaré à l’AFP, avant ce rendez-vous, un haut responsable du parti sous couvert d’anonymat.
Par ailleurs, M. Mugabe a accepté de rencontrer, dimanche, l’état-major de l’armée, pour la deuxième fois depuis le début du coup de force militaire.